Avril 2019

La culture d’entreprise est un vrai levier de transformation. 3 questions d’AEF Info à J.-G. Michaud, Alixio Change management

Élaboration de la stratégie, prise de décision, politique RH, jusqu’à la politique financière… la culture d’entreprise affecte toutes les composantes d’une société. Pour résumer, “c’est la façon dont on fait les choses”, indique Jean-Gabriel Michaud, directeur au sein d’Alixio Change management, lors d’un entretien à AEF info (1). Mais à quel moment une organisation devrait-elle se saisir du sujet, et comment ? Quel intérêt à travailler sur la culture d’entreprise ? “La culture d’entreprise est un outil très complet et puissant : il va rendre tangible l’intangible”, répond Jean-Gabriel Michaud.

Source : https://www.aefinfo.fr/depeche/604168

Jean-Gabriel Michaud est directeur au sein d’Alixio Change management, à Lyon. Alixio

AEF info : De quoi parle-t-on quand on évoque la “culture d’entreprise” ?

Jean-Gabriel Michaud : Selon une définition académique, la culture d’entreprise regroupe les valeurs, les normes, les attitudes, les croyances collectives, qui existent dans une entreprise et s’appliquent aux salariés. Autrement dit, la culture d’entreprise est “la façon dont on fait les choses” : comment on élabore la stratégie, fixe des objectifs, définit le succès, motive et récompense ses salariés, comment on partage l’information et on transforme l’entreprise, ou encore comment on distribue le pouvoir et les responsabilités.

La culture d’entreprise au sens large recouvre toutes les composantes d’une organisation, et est influencée par sa taille, son modèle économique et son secteur d’activité. Par conséquent, elle n’est pas statique, mais évolue au cours du cycle de vie de l’entreprise. Il n’existe pas une bonne culture d’entreprise dans l’absolu, mais une culture adaptée à une certaine entreprise à un moment donné.

Trois filtres peuvent venir “colorer” la culture d’entreprise : le filtre géographique, qui va lui demander d’intégrer des spécificités régionales ou locales ; le filtre professionnel, qui impose des règles et des normes selon le métier de l’entreprise ; et enfin, la culture des dirigeants.

AEF info : À quel moment une entreprise devrait-elle se saisir de ce sujet ?

Jean-Gabriel Michaud : Il y a trois moments qui sont les plus propices à un travail sur la culture d’entreprise. Premièrement, lorsqu’un dirigeant veut préparer l’avenir : son organisation est peut-être confrontée à une croissance exponentielle, par exemple. Un travail sur la culture permettrait de définir le mode de fonctionnement adapté à l’entreprise de demain. Deuxième cas de figure : le dirigeant perçoit de façon diffuse des dysfonctionnements, recueille des plaintes de salariés, mais ne sait pas comment résoudre la situation. Dans ce cas, le travail sur la culture d’entreprise, qui appréhende l’organisation dans sa globalité, va permettre de révéler et classer les problèmes et de construire des solutions. Enfin, et c’est le troisième cas, une entreprise va vouloir réinterroger son fonctionnement en réaction à des événements ponctuels, comme des fusions-acquisitions, par exemple, ou l’arrivée d’un nouveau dirigeant.

AEF info : Comment travailler sur la culture d’entreprise, concrètement ?

Jean-Gabriel Michaud : Tout d’abord, il est nécessaire de mettre des mots sur l’existant : la première étape est donc celle du diagnostic. Celui-ci va consister à regarder un ensemble d’éléments relatifs à son histoire, son mode de fonctionnement, ou ses normes implicites ou explicites, et ce, selon un schéma qui rappelle un arbre : les racines sont les éléments invisibles, non conscients (valeurs implicites, croyances collectives), le tronc évoque les éléments tangibles mais solidement ancrés (visions, valeurs affichées, héros), et enfin, les feuilles traduisent la partie la plus visible, et plus facilement malléable, comme les modes de fonctionnement du quotidien, les rites, les symboles.

Sur la base de ce diagnostic, la direction va définir son objectif pour l’avenir, sa culture cible : par exemple, elle peut souhaiter une prise de décision plus fluide, ou la mise en place d’un nouveau modèle managérial. Il en ressortira quelques grands axes, sur lesquels il sera nécessaire d’interroger tous les salariés, pour coconstruire des actions concrètes et opérationnelles. Le travail sur la culture d’entreprise permettra, in fine, d’arriver à des résultats tangibles, et à un changement concret pour les collaborateurs. La direction pourra s’en servir pour communiquer en externe et attirer les talents, ou comme outil de gestion au quotidien. En résumé, la culture d’entreprise est un outil de prise de décision et un vrai levier de transformation.

(1) Alixio Change Management est une filiale du groupe Arfilia, présidé par Raymond Soubie, au même titre qu’AEF info.

Dépêche n° 604168

https://www.aefinfo.fr/depeche/604168

3 MIN DE LECTURE
Par SOPHIE ESPOSITO 

Publiée le 12/04/2019 à 13h57
Modifiée le 15/04/2019 à 11h02